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Pourquoi un projet rentable peut-il être refusé par une banque ?

Comprendre le financement - Pourquoi un projet rentable peut être refusé

Pourquoi un projet rentable peut-il être refusé par une banque ?

Votre prévisionnel affiche un résultat positif. La capacité de remboursement semble suffisante. L’activité envisagée est rentable.

Pourtant, la banque refuse le financement.

La situation peut sembler difficile à comprendre pour un entrepreneur : si le projet gagne de l’argent et permet de rembourser l’emprunt, pourquoi ne pas le financer ?

Parce que la rentabilité n’est qu’une partie de l’analyse.

Pour accorder un financement professionnel, la banque doit apprécier la capacité du projet à fonctionner, à rembourser sa dette, mais aussi à résister si les premières années ne se déroulent pas exactement comme prévu.

Elle analyse donc le projet dans son ensemble : son financement, sa trésorerie, les hypothèses retenues, le parcours du dirigeant, le secteur d’activité et les risques liés à l’opération.

Un projet rentable n’est pas nécessairement finançable

Prenons un exemple simple.

Deux projets prévoient le même chiffre d’affaires et la même rentabilité.

Le premier nécessite 300 000 € d’investissement avec 100 000 € d’apport.

Le second nécessite le même investissement mais dispose de 30 000 € d’apport.

Sur le plan économique, les deux entreprises peuvent afficher exactement les mêmes perspectives.

Leur structure financière est pourtant très différente.

Le second projet devra supporter davantage de dette et disposera potentiellement de moins de marge pour absorber un imprévu.

La banque ne finance donc pas seulement une activité rentable. Elle finance une structure capable de supporter l’investissement et la dette qui l’accompagne.

1. L’apport peut être insuffisant au regard du projet

Il n’existe pas un montant d’apport unique adapté à tous les projets.

Tout dépend de l’investissement, du secteur, du risque, du type d’actifs financés et de la structure globale de l’opération.

Un apport permet notamment de partager le risque avec le financeur et de limiter le poids de la dette future.

Mais son montant ne doit pas être regardé isolément.

Un entrepreneur qui mobilise toute son épargne pour atteindre le niveau d’apport demandé peut, par exemple, se retrouver sans aucune réserve personnelle ou professionnelle.

L’enjeu est donc de trouver un équilibre entre fonds propres, dette et trésorerie disponible.

2. Le projet manque de trésorerie

C’est un point particulièrement important.

Pour rendre un plan de financement compatible avec les ressources disponibles, la tentation peut être de réduire le besoin de trésorerie.

Or une entreprise ne paie pas uniquement ses investissements.

Dès son démarrage, elle doit financer ses achats, ses salaires, son loyer, ses assurances et l’ensemble de ses charges, parfois plusieurs semaines avant d’encaisser suffisamment de chiffre d’affaires.

Un projet peut donc être rentable à l’année et connaître malgré tout des tensions de trésorerie importantes au cours de certains mois.

Résultat et trésorerie ne racontent pas exactement la même chose.

Et la banque le sait.

3. Les hypothèses sont jugées trop optimistes

Un prévisionnel est construit à partir d’hypothèses.

Volume de clients, panier moyen, taux de marge, rythme de montée en puissance, masse salariale, saisonnalité…

Un résultat positif n’a de valeur que si les hypothèses qui permettent de l’obtenir sont crédibles.

Une banque peut donc challenger un chiffre d’affaires prévisionnel très supérieur aux références du secteur, une montée en puissance particulièrement rapide ou un niveau de charges sous-estimé.

L’historique d’une entreprise existante, les performances d’autres établissements comparables ou les données d’un réseau de franchise peuvent alors apporter des éléments précieux pour étayer ces hypothèses.

4. L’endettement devient trop important

Une entreprise peut être rentable et déjà fortement endettée.

Lors d’un nouveau projet de développement, la banque va regarder les engagements existants et mesurer l’impact de la nouvelle dette sur l’ensemble.

Elle cherche notamment à savoir si l’entreprise conservera suffisamment de capacité pour absorber un ralentissement d’activité ou un nouvel investissement futur.

La question n’est donc pas uniquement : « l’entreprise peut-elle rembourser cette dette ? »

Elle est aussi : « dans quelles conditions pourra-t-elle la rembourser ? »

5. Le porteur de projet fait partie de l’analyse

Un prévisionnel ne porte pas une entreprise.

Un dirigeant, oui.

Son expérience, ses compétences, sa connaissance du secteur, son parcours professionnel et son implication dans le projet font partie de l’analyse du financeur.

Cela ne signifie pas qu’il faut avoir exercé exactement le même métier auparavant.

Une reconversion peut être parfaitement cohérente si le candidat dispose de compétences transférables, d’un accompagnement adapté ou rejoint, par exemple, un réseau qui lui apporte formation et méthodes.

L’enjeu est de permettre au financeur de comprendre pourquoi cette personne est en capacité de porter ce projet.

6. Le montage du financement peut être inadapté

Un refus peut également venir de la manière dont l’opération a été structurée.

Tout ne se finance pas de la même façon ni nécessairement sur la même durée.

Immobilier, fonds de commerce, matériel, travaux, véhicules, besoin de trésorerie… la nature des investissements influence les solutions qui peuvent être mobilisées.

Selon le projet, plusieurs outils peuvent être combinés : financement bancaire classique, crédit-bail, prêts complémentaires, garanties ou autres dispositifs.

Retravailler la structure du financement peut parfois permettre de retrouver un équilibre plus adapté au projet.

Un refus bancaire n’est pas toujours la fin du projet

Un refus doit être compris.

Est-ce le secteur qui pose difficulté ? Le niveau d’apport ? La trésorerie ? Une hypothèse du prévisionnel ? Le niveau d’endettement ? Le montage ? Le profil du dirigeant ?

La réponse détermine la suite.

Dans certains cas, solliciter un autre établissement peut être pertinent : les politiques de risque et les appétences sectorielles diffèrent d’une banque à l’autre.

Dans d’autres, présenter exactement le même dossier ailleurs ne changera pas le problème.

Il faut alors retravailler le projet avant de rechercher un nouveau financement.

Le conseil avant la recherche de financement

Chez , notre accompagnement ne consiste pas simplement à transmettre un dossier à plusieurs banques.

Nous commençons par comprendre le projet, son modèle économique, son besoin de financement et la situation de l’entreprise ou du porteur de projet.

Cette analyse permet d’identifier les éventuels points de vigilance et de travailler, avec le dirigeant et ses conseils, sur les ajustements qui peuvent être envisagés avant ou pendant la recherche de financement.

Puis nous construisons la stratégie de financement et sollicitons les partenaires adaptés au projet.

Un projet rentable peut être refusé. L’enjeu est de comprendre pourquoi, puis de savoir s’il existe une autre manière de le structurer et de le présenter.

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